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Blagues en Economie

 
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anouar


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MessagePosté le: Mer 17 Déc - 20:39 (2008)    Sujet du message: Blagues en Economie Répondre en citant
« J’ai demandé à une économètre son numéro de téléphone. Elle m’en a donné une estimation… » ou encore
Vous connaissez l’histoire de l’économètre qui s’est cassé une jambe en sautant dans sa piscine vide au début de l’été dernier ?
Il avait oublié l’ajustement saisonnier…

L’économétrie est une discipline qui s’est développée pour aider les économistes. On utilise des techniques mathématiques et statistiques pour analyser des phénomènes économiques. On ne peut nier son intérêt pour tester des hypothèses économiques, pour faire de la prévision, mais on lui reproche parfois derrière une sophistication de plus en plus grande de faire reposer ses travaux sur des hypothèses parfois cruellement démenties par les faits. Du coup, il peut leur arriver de prolonger des tendances en passant à côté de la crise de 73 ou de celle de 2008. Ces retentissants échecs ne suffisent pas à la discréditer, mais à l’évidence, l’économètre doit comme l’économiste rester humble et prudent.

La prévision du passé

« Une étude économique révèle le plus souvent que le meilleur moment pour acheter était l’année dernière ».
Marty Allen

Comme dirait l’autre le plus dur avec la prévision, c’est de deviner ce qui doit advenir. En des termes plus élégants, le moraliste Chamfort au 18ème siècle exprimait son peu de considération pour les économistes : «  Les économistes sont des chirurgiens qui ont un excellent scalpel et un bistouri ébréché, opérant à merveille sur le mort et martyrisant le vif ». 
Autrement dit, l’économiste est très convaincant quand il s’agit de reconstituer ce qui s’est passé, comme le chirurgien qui fait une impeccable autopsie. Il explique à merveille pourquoi la crise de 29 a pris cette ampleur, de même, il explique de manière catégorique comment cette surprenante crise des « subprime » s’est produite. Ses certitudes, confortées par les médias qui lui confèrent une légitimité par leur audience, font qu’on se pense dans de bonnes mains. Les économistes savent ce qui s’est passé, on peut espérer qu’ils sauront ce qui va se passer. C’est ici que les choses se gâtent. Il ne faut pas oublier que leur matière relève des sciences humaines. Ils ne pourront pas comme un astronome faire des prévisions aussi impressionnantes que celles qui nous annoncent le retour de  telle comète à telle date. De même, les économistes ne disposent pas d’un laboratoire comme un chimiste pour isoler les différents facteurs et en tirer des lois validées par la communauté scientifique. Cela ne signifie pas qu’ils ne sont pas utiles, ils peuvent aider à éviter les grosses erreurs notamment en tenant compte du passé ; on sait à peu près comment éviter le scénario catastrophe du krach boursier de 1929. C’est ainsi que les banques centrales injectent des liquidités pour éviter la contagion de la crise. En revanche, n’en faisons pas des devins, et méfions nous de ceux qui affirment qu’il en est ainsi et que la mesure qu’ils proposent est la seule possible.  Laissons aux hommes politiques et aux citoyens qui les élisent le soin de faire les choix qu’ils veulent sachant qu’en période de difficultés comme aujourd’hui cela impliquera des efforts, mais aux moins, ils ne seront pas imposés par des experts qui n’ont vu venir ni la crise de 29 ni celle de 73, pas plus que l’éclatement de la bulle internet en 2000/2001 ou le problème des subprime en 2007 /2008.



Hypothèses et réalité

« Un économiste, un chimiste et un physicien sont échoués sur une île déserte avec comme seul moyen de survie des boîtes de conserves, mais pas d’ouvre-boîtes… Le chimiste propose : “Il n’y a qu’à les mettre dans l’eau de mer et attendre que le sel ronge le métal”. Le physicien propose : “On les pose sous un cocotier et on attend que des noix de coco les brisent en tombant”. L’économiste prend alors la parole : “Bon, posons notre première hypothèse : nous avons un ouvre-boîte”… »
Paul A. Samuelson, prix Nobel d’Économie en 1970.

 
A l’évidence la comparaison n’est guère flatteuse pour l’économiste. Les représentants des sciences expérimentales proposent une hypothèse de travail cohérente, et verront si le résultat obtenu est satisfaisant. L’économiste part lui aussi d’une hypothèse mais dans le cas présent elle est trop éloignée de la réalité puisque celle-ci est ignorée (absence d’ouvre-boîtes). L’exemple est moins caricatural qu’il n’y paraît. En effet bien des théories, bien des modèles économiques reposent sur des hypothèses si simplificatrices qu’elles surprennent à juste titre le non spécialiste. Par exemple, tout le monde  a entendu parler de la loi de l’offre et la demande. Pour que celle-ci fonctionne, il faudrait que l’on ait affaire à un marché de concurrence pure et parfaite. Il faudrait que le client ne fasse son choix que sur le critère du prix (tous les produits seraient équivalents, on parle « d’homogénéïté des produits » mais on sait que les entreprises cherchent à différencier leurs produits) et au moment de la décision, l’acheteur est censé connaître les prix dans tous les points de vente (condition  d’ « information parfaite »). Il y a d’autres conditions. Les partisans de cette théorie disent que ces conditions ne décrivent pas la réalité, mais c’est  ce vers quoi il faudrait tendre pour que le marché fonctionne bien. Ces dernières années, ils ont aussi cherché à faire évoluer ces conditions, il n’empêche beaucoup d’hypothèses restent très éloignées de la réalité. Cela fait le jeu de ceux qui doutent du caractère très scientifique de l’économie, et de ce ceux qui contestent les thèses libérales qui font confiance au marché et plus généralement au capitalisme. 



L’économiste et les moutons

« Dans une montagne, un économiste rencontre un berger et son troupeau de moutons. L’économiste dit au berger : “Je vous parie un mouton que je suis capable de vous dire immédiatement combien vous avez de moutons”. Le berger, confiant accepte le pari. L’économiste lui dit alors : “Vous en avez exactement 253″. Le berger, un peu halluciné, reconnaît que c’est vrai et lui dit : “Ben, oui, allez-y prenez en un”. L’économiste prend son mouton, mais au moment de partir le berger le rappelle et lui dit : “Attendez, moi je vous parie un mouton que je trouve votre profession”. L’économiste, confiant, accepte. Le berger lui dit : “Vous êtes économiste”. L’économiste stupéfait lui dit : “Oui, mais comment vous avez su ? “. Le berger lui répond alors : “Rendez-moi mon chien et je vous explique…”. »
 
La blague ne nie pas que les économistes aient des compétences, en particulier en mathématiques. Les livres des économistes (surtout destinés aux étudiants et à leurs condisciples) le confirment. Cela explique en particulier le mécontentement d’étudiants qui ont milité pour que l’enseignement de l’économie tienne davantage compte des réalités concrètes. On pourrait multiplier les exemples montrant le décalage entre les citoyens et les économistes. Ils sont souvent des techniciens plus ou moins brillants de l’économie mais qui exaspèrent leurs concitoyens quand leurs discours sont trop éloignés des réalités ressenties. Par exemple, les  économistes agaçaient quand ils affirmaient que le passage à l’Euro n’avait pas eu de conséquences significatives sur la hausse des prix. Beaucoup de revenus modestes pensaient le contraire. De même, il a fallu du temps aux économistes pour reconnaître une sensible hausse des prix de produits basiques (y compris le logement) ce qui affectait le pouvoir d’achat et le moral des français. Les économistes s’appuyaient sur l’indice des prix à la consommation fourni par l’INSEE or celui-ci, calcul rigoureux, complexe ne rendait pas bien compte des difficultés réelles des ménages. L’économiste cherche à asseoir ses raisonnements qu’il veut le plus scientifique  (voir épisode 1 du « feuilleton économique »), sur des données acceptées par la communauté des économistes, mais cela ne l’exonère pas de s’interroger sur la pertinence de ces outils et de leur évolution surtout quand cela alimente le décalage, voire le divorce entre les français et leurs élites qui pourtant doivent inspirer confiance puisque ce sont elles qui doivent faire accepter les sacrifices. 


Mer 17 Déc - 20:39 (2008)
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MessagePosté le: Mer 17 Déc - 20:39 (2008)    Sujet du message: Publicité
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Mer 17 Déc - 20:39 (2008)
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Ikram


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Inscrit le: 10 Oct 2009
Messages: 1 197
Localisation: neverland ;)

MessagePosté le: Dim 20 Déc - 16:46 (2009)    Sujet du message: Blagues en Economie Répondre en citant
Merci  Okay








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Dim 20 Déc - 16:46 (2009)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:25 (2016)    Sujet du message: Blagues en Economie
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