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 ECOLE NATIONALE D'ADMINISTRATION 
L’INTEGRATION DE L’APPROCHE GENRE DANS LES POLITIQUES DE DEV

 
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Ikram


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MessagePosté le: Lun 1 Mar - 13:32 (2010)    Sujet du message: L’INTEGRATION DE L’APPROCHE GENRE DANS LES POLITIQUES DE DEV Répondre en citant


Par : mouaamou moulay el mokhtar


L’INTEGRATION DE L’APPROCHE GENRE DANS LES POLITIQUES DE DEVELOPPEMENT


préparé par : MOUAAMOU MOULAY EL MOKHTAR


  I-/ Définition du concept de genre



  I-1/ . Sexe biologique /sexe social



Le sexe biologique, c’est l’ensemble des caractéristiques biologiques des hommes et des femmes : ces caractéristiques ont pour fonction la reproduction de l’espèce. Le genre, ou sexe social, est le produit du processus de socialisation qui assigne des rôles, des responsabilités, des comportements et des droits différents aux hommes et aux femmes dans une société, un contexte culturel et historique donné. Le concept de genre fait référence à l’identité sexuelle (ou sexe social). « Le genre se définit par l’ensemble des caractéristiques (valeurs ou idées,Comportements ou normes) qu’une société ou culture associe à l’homme ou à la femme, ces caractéristiques étant considérées féminines ou masculines. Par exemple, on pense souvent que les femmes sont moins rationnelles, qu’elles doivent faire les taches domestiques, qu’elles sont incapables de maîtriser les concepts techniques. Quant aux hommes, il est souvent jugé acceptable qu’ils sont plus aptes à faire fonctionner les machines ou à tenir des postes de directions. » Ces caractéristiques, dites féminines ou masculines, différent pourtant d’une culture à l’autre et se transforment selon les contextes historiques, culturels ou sociaux. Par exemple, il n’est pas rare de voir les femmes travailler dans l’industrie de l’armement en temps de guerre ou même de manier les armes pour défendre leur patrie. Les femmes dont le mari a émigré, ou les femmes veuves ou divorcées, se chargent souvent des taches dites masculines en l’absence des hommes. C’est donc dire que, lorsqu’elles n’ont pas le choix, les femmes sont tout a fait capable de réaliser les taches et les responsabilités considérées comme étant masculines .il en est de même pour les taches dites féminines que les hommes peuvent faire, s’ils le veulent ou s’ils sont obligés. Ce qui signifie que ces rôles et les responsabilités associées à un genre peuvent changer, se transformer, de même que les rapports entre les hommes et les femmes. Le genre est un facteur de l’organisation sociale, tout comme l’age, le statut socio-économique, la classe sociale ou l’ethnie. Les rapports entre les hommes et les femmes sont des rapports sociaux tellement bien enracinés dans notre culture et nos institutions qu’ils nous apparaissent naturels (comportements innées vs. acquis). Les rapports entre les hommes et les femmes ont des répercussions sur la manière dont chacun et chacune participe et contribue à la société, sur le plan économique, politique, social et culturel. Enfin, puisque les rôles des uns et des autres sont différents, les besoins des hommes et des femmes sont différents, tout comme leur point de vue sur leur propre société.


  I-2./ Origine des différences et inégalités entre les hommes et les femmes



a-Culture : tradition et religion


La culture c’est tout ce qui est ou a été créé par des individus partageant les mêmes valeurs, intérêts, projets de société, etc. La culture est composée des idées, idéologies, religions valeurs et les pratiques qui en découlent, la politique, l’économie, les arts, l’éducation, la langue, les alliances, l’habillement etc.


b-Education / socialisation


« On ne naît pas femmes, on le devient » (Simone de Beauvoir) Les rôles sociaux sont acquis par la socialisation et l’éducation. Il s’agit de l’apprentissage des normes de vie par le biais de la vie de famille, l’école, les livres, la télévision, l’observation de comportement des autres


  II-/QUE VEUT DIRE L’INTEGRATION DE L’APPROCHE GENRE DANS LES POLITIQUES DE DEVELOPPEMENT ?



La finalité de l’intégration de la dimension du genre n’est pas de donner des pouvoirs aux femmes pour dominer les hommes, ni de les rendre identiques en tous points ; mais vise à construire un nouveau partenariat entre femmes et hommes, respectant justement la différence et assurant leur participation équitable, pleine et entière dans tous les domaines.
Intégrer l’approche genre dans les politiques de développement est une méthode de travail pour promouvoir un développement équitable. Elle consiste à favoriser une prise de conscience et à introduire des stratégies et des outils pour l’égalité à travers l’intégration transversale du genre (gender mainstreaming) à plusieurs niveaux : dans les modes de fonctionnement des institutions, dans les compétences des personnels, à toutes les étapes de la gestion du cycle des projets ou des programmes (diagnostic, analyse planification, mise en œuvre, suivi et évaluation).


  II- 1- Analyse selon le genre menée avant le début du projet :



On peut mener une analyse selon le genre dans la collectivité grâce a une démarche participative avec les femmes et les hommes (séparément au besoin) au niveau de la base. On peut aussi recueillir de l’information par l’intermédiaire des organisations communautaires et des travailleuses et travailleurs sur le terrain. L’analyse devrait inclure la division du travail selon le genre, le type de travail accompli, l’accès et le contrôle des ressources bénéfices ainsi que quelques suggestions portant sur les changements à prévoir avec le temps et sur les facteurs d’influence. Une démarche participative peut en elle-même sensibiliser davantage la collectivité aux tendances, à la valeur, à l’interdépendance, au déséquilibre et à l’impact des taches et des rapports entre les femmes et les hommes. L’analyse selon le genre offre l’information nécessaire à l’amélioration de la conception et de la planification du projet ; elle apporte des données fondamentales à partir desquelles il est possible de mesurer plus tard le changement social touchant la condition, de même que la situation.


  II-2-Consultation des femmes :



Cette consultation permet de connaître les organisations et groupes auxquels appartiennent les femmes, leurs représentantes dans la région de mises en œuvre du projet et les moyens habituels de les consulter et de travailler avec elles. Un réseau de consultation peut inclure les consultant-e-s sur place, les fonctionnaires, le personnel et les membres des organisations des femmes, ainsi que les chefs de file communautaires chez les femmes. On peut demander conseil quant aux moyens de maximiser la participation à la prise de décision ; et quant aux moyens de s’adjoindre la collaboration et l’appui des hommes.


  II-3 / Comment faire pour intégrer le genre dans une intervention déjà en cours ?



A défaut de connaître les relations de genre avant le début de l’intervention, on peut tenter de « reconstruire » cette situation de départ en posant des questions rétrospectives. A titre d’illustration, il est possible, pendant une intervention de développement, d’élaborer les profils d’activités et de ressources pour la situation actuelle et, rétrospectivement, pour la situation avant le début de l’intervention. Il est également envisageable de poser directement la question de l’évolution des différents aspects liés aux rapports de genre (exemple : « Quels changements dans les prises de décisions avez-vous constaté depuis le début de l’intervention de développement ? »). Cependant, de telles techniques comportent des inconvénients importants. Entre autres, on note que ce type de question est relativement complexe et implique une certaine analyse préalable de la part de la personne interrogée.


  II-4 / Le genre à l’intérieur des institutions



Pour intégrer le concept de genre dans une intervention de développement, il ne suffit pas à l’appliquer dans les actions d’une institution et les relations avec ses partenaires. Il est non seulement légitime, mais aussi inéluctable de vérifier si ce concept s’applique aussi à l’intérieur d’une institution. Car une véritable intégration du concept genre implique un engagement en faveur d’une réduction des inégalités entre femmes et hommes. De toute évidence un tel engagement ne peut pas être demandé à des agents de terrain sans que l’institution de tutelle internalise ce concept également dans ses pratiques et modes de fonctionnement internes. Ceci implique des initiatives en faveur d’une réduction des inégalités entre femmes et hommes, à l’intérieur de l’institution, et aussi une remise en question de la répartition du pouvoir, donc des structures hiérarchiques, et même du paradigme de développement. Enfin, l’intégration du concept genre dans une institution signifie que tous les individus membres devraient adhérer à cet engagement pour oeuvrer en synergie, avec la plus grande cohérence et crédibilité. Il n’est pas étonnant que les obstacles à l’intégration du concept de genre semblent se situer surtout à ce niveau individuel, car il n’est jamais agréable de passer au crible sa propre manière de penser et d’agir. Mais après tout, ne s’agit-il pas tout simplement de la même chose que le fameux « changement de mentalité » qui est aussi inhérent à tout processus de développement ?


  II-5 / Suivre et évaluer sous l’aspect genre :



L’évaluation d’une intervention, et dans une moindre mesure le suivi, impliquent des remises en question de l’intervention concernée. Si l’intervention est en cours, il est important d’utiliser ces occasions pour ajuster les orientations choisies en vue d’une meilleure intégration du concept genre. S’il s’agit d’une évaluation ex-post, le moment est propice pour tirer des leçons de l’expérience : d’une part, de constater les facteurs favorables et défavorables à une intégration du concept de genre, et d’autre part, de vérifier si et comment l’intégration de ce concept a permis de mieux atteindre les objectifs de l’intervention (autres que la réduction des inégalités de genre). Les dispositifs de suivi et d’évaluation qui intègrent les rapports de genre reprennent des critères "classiques" que sont l’efficacité, l’efficience, la viabilité et l’impact. L’intégration de l’aspect genre demande une réinterprétation de ces critères, fondée sur une analyse moins centrée sur l’action en soi, mais plus sur les personnes et les processus en marche. Prenons l’exemple de l’efficience : sous l’aspect du genre, il est indispensable de ne pas considérer uniquement l’efficience de l’intervention en soi, mais également l’efficience pour les différents acteurs. En particulier, il s’agit de comparer les ressources (matérielles, humaines, etc.), que les différents groupes ont investi dans les activités liées à ou impulsées par l’intervention avec les bénéfices qu’ils ont pu en tirer. Outre la vérification de l’efficience au niveau de l’intervention dans son ensemble, on l’évalue au niveau de la communauté, de la famille et également au niveau des femmes. Pour ce dernier aspect, trois questions se posent : • Est-ce que l’intervention valorise de manière correcte les "inputs" des femmes ? • Est-ce que l’intervention valorise de manière correcte les "outputs" pour les femmes ? • Est-ce que le rapport entre "outputs" et "inputs" est positif ? D’une manière plus générale, l’évaluateur qui intègre la perspective de genre s’intéresse spécialement aux effets de l’intervention sur les rapports entre les femmes et les hommes. Les interventions de développement sont, en dernière instance, toujours dirigées vers une modification ou une amélioration de certains aspects de la vie des êtres humains et pour cela, il est toujours légitime d’évaluer l’impact de l’intervention au niveau des droits, obligations, opportunités et activités journalières des personnes, ceux-ci étant largement déterminés par leur identité féminine ou masculine. La priorité est donc donnée à l’étroite relation et aux interdépendances entre les droits et responsabilités respectivement des hommes et des femmes. Car les changements dans ces domaines pour les uns peuvent produire des changements indirects pour les autres, ce qui peut créer des effets inattendus, voire négatifs. En d’autres termes, une évaluation qui intègre l’aspect genre doit vérifier si l’intervention n’a pas provoqué des effets négatifs sur la position de la femme ; ceci de manière absolue (en détériorant la position de la femme) aussi bien que de manière relative (en améliorant la position de l’homme sans améliorer celle de la femme, ce qui augmente l’inégalité entre les deux.


  II- 6 / Quels sont les obstacles à l’intégration de genre ?



Les obstacles à l’intégration du concept de genre dans les programmes ou projets de développement sont nombreux. Des contraintes temporelles et financières jusqu’aux résistances des personnes (et non pas uniquement des hommes, loin de là), la liste est très longue. Un écueil semble particulièrement pernicieux et mérite d’être considéré en plus de détail : les limites du formidable outillage qui existent aujourd’hui pour intégrer le concept de genre.


  III-/Le genre et la participation : un apprentissage partagé :



Les praticiens du genre et de la participation ont su, dans une certaine mesure, répondre aux critiques de leur ignorance mutuelle et développer des stratégies pour concilier les deux démarches. Quelques organisations, ont tenté de systématiquement adresser les partis pris. Leurs expériences montrent que les politiques des organisations et de leur personnel jouent un rôle important dans tout processus de changement social. Certaines démarches contribuent au succès de ces expériences :


1.La prise de conscience que le “genre” et la “participation” sont des sujets politiques et que leur conciliation est un processus politique. Les démarches de genre et de participation ne sont pas des solutions techniques ; elles ont des implications importantes sur la distribution du pouvoir au sein des communautés. Les changements qui en résultent ne sont pas forcément favorables aux yeux de tous ; il peut y avoir des conflits d’intérêt entre certains groupes et individus.


2.La mise en place de stratégies permettant à toutes les voix de se faire entendre. Il s’agit d’adopter des stratégies qui exposent les conflits d’intérêt et qui ne mettent pas uniquement en avant la version des groupes dominants. L’utilisation de groupes séparés pour les hommes et les femmes et pour différentes tranches d’âge peut être efficace dans certaines situations.


3.Le management actif du changement, du pouvoir et du conflit. Les animateurs doivent pouvoir reconnaître les différentiels de pouvoir et s’assurer que les moins puissants peuvent s’exprimer. Ils doivent arbitrer les différents et les conflits et donner aux participants les moyens de développer et de mettre en place leurs propres plans d’action.


  III-1/L’intégration du genre et de la participation dans les projets et les programmes :



La clé pour intégrer la composante genre et les méthodes participatives est de savoir qui contrôle les processus de collecte et d’analyse d’information, et de recherche de solutions. Une réelle intégration du genre et de participation dans un projet ou un programme doit être entreprise lors de chaque étape du cycle. Les caractéristiques suivantes sont importantes afin de réussir une intégration :


1.L’intégration explicite du savoir, de l’action sociale et des droits fondamentaux. Un engagement à respecter les droits de l’homme et de la femme, un apprentissage local de ces droits et de leur valeur pour influencer les politiques et les pratiques peuvent servir de poulie.


2.L’innovation continue des démarches participatives afin de mieux comprendre les relations sociales, surtout celles déterminées par le genre. Les participants doivent être en mesure de remanier les méthodes participatives et d’en développer de nouvelles pour mieux refléter leur situation personnelle.


3.La compréhension des difficultés liées aux traductions La traduction du jargon lié au concept de genre peut immédiatement aliéner les bénéficiaires. Pourtant, il est parfois difficile de trouver des concepts équivalents dans une langue locale. Les démarches participatives peuvent permettre d’identifier et de formuler des concepts locaux du genre. Dans certains cas, cela permet non seulement de traduire, mais aussi de dépasser le sens original.


4.Une approche intégrée du genre pour transformer les institutions. Les démarches de genre ne s’appliquent pas qu’aux projets et aux« bénéficiaires ». Elles nécessitent également des changements au sein d’institutions et de leur personnel afin d’être durables et d’éviter l’hypocrisie.


  III-2/Le Genre et la Participation dans le contexte des politiques de développement :



a- Le genre participatif


Pour compléter ces réflexions sur l’intégration du concept de genre dans des programmes et projets de développement, il est important de rappeler un dernier point qui coule de source, mais qui se trouve en réalité souvent négligé : la prise en compte du genre ne peut pas se faire sans une réelle participation des femmes. Car la meilleure façon d’assurer que les rapports de genre sont réellement pris en compte est de faire participer les femmes concernées le plus activement possible dès la phase préparatoire de l’intervention. En effet, il est inconcevable de vouloir intégrer les rapports de genre tout au long du cycle de projet sans une participation active des intéressées, car même une bonne connaissance du milieu ne peut remplacer leur implication réelle. De surcroît, il semble évident que la prise de parole des femmes (un des aspects de l’empowerment) devrait commencer déjà à ce stade et non pas uniquement en tant qu’impact de l’intervention. Intégrer le concept de genre ne veut pas dire « imposer un point de vue occidental ». Il est crucial de souligner la spécificité contextuelle des réductions d’inégalités possibles et souhaitables, en fonction des aspects socioculturels d’une part et de la volonté des femmes elles-mêmes, d’autre part. En effet, il est impossible de renforcer le pouvoir d’action pour des femmes qui ne le souhaitent pas. Ce constat pose le problème des aspirations et de la capacité d’expression des femmes, notamment si elles sont fortement soumises. L’opinion de ces dernières est rarement prise en compte dans la vie courante et il est fortement improbable qu’elles développent un esprit revendicatif dès la première fois que la question de leurs aspirations leur est posée. La prise en compte des rapports de genre implique alors aussi la création d’espaces d’échange et de concertation entre femmes pour permettre une réflexion collective.



Celle-ci peut représenter une première étape vers une remise en question de leur situation de vie ; mais c’est aux concernées de faire ce pas. La qualité de la participation des femmes devient donc un aspect indispensable pour toute évaluation avec la perspective de genre. Il s’agit d’identifier à quel stade se trouvent les femmes, selon la classification suivante :


• réceptrices passives de l’assistance, sans aucune participation dans la distribution, ni contrôle de la poursuite de l’action ;
   • réalisatrices d’activités commandées par d’autres (exemple : fournir de la main d’oeuvre, rémunérée ou pas) ;
   • participantes consultées au sujet de leurs problèmes et besoins, mais pas nécessairement au du contexte, de l’analyse ou des alternatives de solution ;
   • participantes encouragées à s’organiser pour s’occuper de leurs propres besoins, planifier des solutions pour leurs problèmes et assumer des responsabilités dans les processus de développement.


Selon le stade atteint, les femmes bénéficient de l’intervention à des degrés divers : elles peuvent être des non bénéficiaires, des bénéficiaires relativement passives ou des bénéficiaires actives, véritables "agents de développement". Pour ces dernières, l’intervention ne répond pas uniquement à des besoins pratiques, mais également à des besoins stratégiques, avec effet à long terme sur le changement structurel de leur situation. Il est évident que l’application d’une approche résolument participative demande d’importantes ressources temporelles et financières. Or, cette approche se justifie non seulement en terme de réduction des inégalités de genre, mais également du point de vue de la viabilité grâce à l’implication forte des populations concernées. Un tel processus participatif peut être renforcé par des alliances avec des forces dynamiques locales. Une collaboration avec des acteurs progressistes du milieu permet d’ancrer l’approche par le genre plus durablement, tout en assurant son adaptation au contexte local.
b - /A quoi sert la connaissance des rapports de genre dans la population ciblée par une intervention ?



D’abord, à définir les objectifs de l’intervention en terme de genre, c’est-à-dire de prévoir comment le projet ou programme en question compte influer sur les rapports entre femmes et hommes., Rares sont les projets qui ont comme objectif principal de réduire les inégalités entre femmes et hommes., ont d’autres objectifs qui peuvent d’ailleurs être en conflit avec une prise en compte de l’aspect genre. Car une telle prise en compte devrait, au moins théoriquement, se traduire par un objectif secondaire en termes de genre : soit le souhait que le projet réduise les inégalités entre hommes et femmes, et ceci à travers l’accomplissement de l’objectif principal, soit le souhait que le projet veille à ne pas renforcer les inégalités existantes. Comme exemple d’interventions avec une réduction des inégalités comme objectif secondaire, on peut citer des projets de micro-crédit : ils s’inscrivent dans la lutte contre la pauvreté des familles entières, tout en visant une amélioration de la situation de la femme comme objectif secondaire. En regardant cet exemple de plus près, on constate que cette amélioration de la situation de la femme peut prendre des formes et des dimensions très diverses :


   • Une « simple » augmentation des revenus de la femme qui lui permet de mieux remplir son rôle (donc faire les achats pour lesquels elle a la responsabilité).
   • Une amélioration de son statut parce que la hausse de ses revenus améliore l’image qu’elle a d’elle-même et que son entourage a d’elle, elle sera peut-être plus respectée dans la famille, dans le voisinage, etc.
   • Une plus grande prise de parole et de pouvoir d’action de la femme à l’intérieur et à l’extérieur de la famille. Les évaluations montrent que c’est notamment l’expérience des groupes solidaires, nécessaires pour accéder aux micro-crédits, conjointement à l’amélioration économique, qui permet à la femme une prise de conscience, une plus grande capacité d’analyse et favorise un état d’esprit de remise en question de sa situation de vie. Ces aspects correspondent à différents degrés d’empowerment qui peuvent être visés par une intervention de développement. Ils correspondent aussi à différents types de besoins/intérêts .


  IV - / Condition et situation :



Les projets de développement visent généralement à améliorer les conditions de vie des populations. Du point du vue de l’analyse Genre et développement, on distingue entre la condition de femmes dans leur vie quotidienne et leur situation dans la société. La condition touche à l’état matériel des femmes, leur champ d’expérience immédiate. Si vous demandez à une femme de décrire sa vie, elle décrira probablement sa « condition » : le type de travail qu’elle accomplit, ses besoins et ceux de ses enfants (eau potable, alimentation, éducation, santé...) où elle vit, etc. La situation renvoie à la position sociale et économique des femmes comparativement à celle des hommes. On compare la situation des femmes et des hommes en mesurant, par exemple, l’écart des salaires, les chances d’accès à l’emploi, la participation aux instances législatives, la vulnérabilité face à la pauvreté et à la violence, etc. Au sein d’un ménage ou d’une collectivité, les femmes, les hommes et les enfants peuvent connaître les mêmes conditions de pauvreté et les mêmes désavantages ; ils peuvent tous souhaiter des améliorations touchant l’eau potable, la nourriture et la santé.


Cependant, les femmes et les hommes vivent ces conditions et éprouvent ces besoins de manière différente. Etant donné leur travail et responsabilités, les femmes peuvent donner priorité à l’accès à une source d’approvisionnement en eau et en combustible plus rapprochée du foyer, à plus de revenus et à des meilleurs services de santé. L’expérience des hommes peut les pousser à accorder priorité à la nécessité d’obtenir une plus grande étendue de terre, davantage de technologie et d’outils agricoles.


Les programmes et projets de développement ont des répercussions différentes sur les conditions de vie des femmes et des hommes. Un projet d’approvisionnement en eau peut grandement améliorer les conditions des femmes, mais avoir peu d’impact sur celles des hommes. Dans le projet agricole, le contraire se produire, avec des répercussions nuisibles sur les femmes. Par exemple, l’apport d’engrais peut rendre la vie des femmes plus pénible en augmentant les taches désherbage (une tache traditionnellement féminine). Les projets programmes de développement peuvent avoir des répercussions sur la situation des femmes, de manière négative si les secteurs dans lesquels elles exercent leurs activité et contrôle sont minés ou éliminés ; ou de façon positive si les femmes sont incluses en tant qu’agentes en eau sur la situation des femmes, lorsque ces dernières sont chargées de l’entretien des pompes, sont les techniciennes, sont membres du comité de gestion et s’occupent de l’éducation à la santé, comparativement à un projet dans lequel les femmes sont des simples utilisatrices des nouvelles pompes. Les projets ou programmes visant exclusivement les femmes n’améliorent pas nécessairement la condition ou la situation des femmes ; cela risque de se produire particulièrement si les responsables de la planification ne sont pas conscient -e-s de la dynamique entre les genres. Les activités de développement se sont surtout intéressées à la condition des femmes, visant à améliorer leur aptitude à jouer les rôles et à s’acquitter des responsabilités qui leur reviennent habituellement. Plusieurs ont tenté d’améliorer l’accès des femmes aux ressources et aux bénéfices (particulièrement au revenu et à l’éducation) sans penser que le manque de contrôle sur les intrants, les extrants et les processus pertinents ne permettrait pas aux femmes de tirer avantage des nouvelles possibilités. On s’est peu attaché à améliorer la situation des femmes relativement à celle des hommes ou à promouvoir leur aptitude à participer pleinement, avec les hommes, en tant qu’agentes de développement et de changement. Les indicateurs des améliorations apportées à la situation des femmes sont habituellement moins évidents que ceux qui témoignent des améliorations à leur condition. Etant de nature qualitative plutôt que quantitative, ils sont plus difficiles à mesurer. Parmi ces indicateurs, mentionnons :


    •Acceptation plus grande, par les femmes et les hommes, des femmes en tant que responsables des décisions dans la collectivité ;
    •Plus grande indépendance personnelle et économique ;
    •Confiance en soi plus marquée chez les femmes ;
    •Participation accrue des femmes au développement personnel, familial et communautaire ;
    •Augmentation du nombre d’organisations de femmes ;
    •Organisations de femmes plus visibles et efficaces ;
    •Plus de femmes inscrites aux programmes d’éducation et de formation ;
    •Amélioration de la santé des femmes et des enfantes ;
    •Amélioration du statut juridique des femmes ;
    •Déclin de la violence faite aux femmes ;
    •Contrôle accru des femmes de leur propre fécondité ;
    •Déclin de la discrimination et des préjugés institutionnels à l’égard des femmes ;
    •Sensibilisation accrue du public à l’égard des question intéressants les femmes.


  V-/ Besoins pratiques et intérêts stratégiques :



Les projets de développement s’efforcent d’identifier et de répondre aux besoins des collectivités visés. L’analyse GED fait la distinction entre les besoins pratiques des femmes et leurs intérêts stratégiques, respectivement liés à la condition et à la situation des femmes. Les besoins pratiques sont liés à la condition des femmes. Il est facile de les identifier ils portent habituellement sur des conditions de vie insatisfaisantes et le manque de ressources. Les femmes pauvres, bien que leurs priorités varient, peuvent identifier de besoins pratiques liés à l’approvisionnement en nourriture et en eau, à la santé et l’éducation de leurs enfants et à l’accroissement de leurs revenus. Il est possible de répondre à ces besoins par des activités de développement à court terme nécessitant des intrants tels que l’équipement, l’expertise technique, la formation, des pompes manuelles, des cliniques ou un programme de crédit. Généralement, les projets visant à répondre aux besoins pratiques et à améliorer les conditions de vie maintiennent et renforcent les rapports traditionnels entre les femmes et les hommes. Les intérêts stratégiques des femmes naissent de leur état de subordination dans la société. Les intérêts stratégiques sont des intérêts à long terme et sont liés à l’amélioration de la situation des femmes. En général, il est de l’intérêt stratégique des pauvres d’avoir accès au processus démocratique participatifs. L’accès à l’égalité des genres est dans l’intérêt stratégique des femmes en particulier. Donner aux femmes plus de possibilités, plus d’accès aux ressources et la chance de participer, au même titre que les hommes, à la prise de décision est à long terme de l’intérêt stratégique de la majorité des femmes et des hommes du monde entier. Les intérêts stratégiques sont moins évident et moins facilement identifiés par les femmes que les besoins pratiques. Comme tout groupe sans pouvoir, les femmes peuvent bien être conscientes de leur subordination, mais na pas en comprendre les fondements ou les possibilités de transformation. Même lorsqu’elles sont conscientes des options que s’offrent en faveur du changement, les besoins pratiques et la survie de la famille ont toujours la priorité. Cependant, si elles en ont l’occasion, les femmes sont généralement capables de décrire leur condition et leur situation. Les intérêts stratégiques des femmes en tant que groupe comprennent : Moins de vulnérabilité à la violence et à l’exploitation ;


    •Plus de sécurité économique, d’indépendance, de choix et de possibilités ;
    •Responsabilité partagée avec les hommes et l’Etat en ce qui concerne le travail lié à la reproduction ; •La possibilité, avec d’autres femmes, de s’organiser pour développer la force, favoriser la solidarité et l’action ;
    •Pouvoir politique accru ;
    •Plus de capacité à améliorer la vie et l’avenir de leurs enfants ;
    •Des processus de développement plus humanistes et plus justes.


Une des prémisses de base de l’analyse GED veut que les populations soient les agents de leur propre développement. Les processus qui favorisent l’autodétermination sont ceux qui tiennent compte des intérêts stratégiques des populations : pleine consultation ; participation à la planification et à la gestion ; éducation et formation ; accès à long terme aux ressources ; et la promotion des processus politiques démocratiques. Etant subordonnées, les femmes peuvent facilement être exclues de ces processus. L’autodétermination des « populations » peut rapidement devenir l’autodétermination des hommes. Par conséquent, tout en veillant à tenir compte des intérêts stratégiques de la collectivité grâce a un développement axé sur les populations, il est important de tenir également compte des intérêts stratégiques des femmes en particulier. Adopter l’analyse GED ne signifie pas mettre de coté les besoins pratiques. Il faut d’abord répondre à ces besoins si on veut donner plus de pouvoir aux femmes. L’analyse GED détermine les pratiques des femmes et des hommes, les négocie et y fait face de manière à répondre également aux intérêts stratégiques spécifiques aux femmes. Un projet d’approvisionnement en eau, par exemple, s’efforcera d’inclure les femmes en tant que membres du comité, responsable de l’entretien de la pompe, techniciennes et éducatrices en santé.



Un projet agricole facilitera la participation des femmes à la planification du projet, encouragera la coopération entre les agriculteurs, embauchera des agentes de services d’extension et ce concentrera sur les besoins des agricultrices en matière de techniques et de technologie propres à leur épargner de temps. Un projet agricole pourrait entre élargi pour inclure les activités ultérieures à la récolte, qui reviennent souvent aux femmes (transformation, commercialisation, emmagasinage).


  VI-/ Cas du Maroc ;



Le Maroc s’est engagé à réaliser un développement durable, équitable et humain notamment dans le cadre du « pacte du millénaire pour le développement ». Dans ses efforts pour réussir sa transition sociale et économique, le Maroc a entrepris plusieurs initiatives et ouvert plusieurs chantiers. Toutefois, les projets de développement engagés jusqu’à ce jour tant par les institutions étatiques que par les différents acteurs de la société n’ont pas permis d’atteindre la totalité des résultats escomptés. L’une des raiseons qui fait l’unanimité des analystes et qui a été relevée par le rapport arabe sur le développement humain (PUND 2002) en est la faible utilisation du potentiel économique, intellectuel et politique des femmes. En effet , les femmes marocaines non seulement accusent un taux d’analphabétisme une fois et demie plus grand que celui des hommes mais même pour celles d’entre elles qui jouissent d’une éducation avancée , le déficit d’autonomisation et de participation aux décisions qui influencent leur existence et le bien-être de leur famille et de leur communauté est palpable : elles demeurent peu présentes dans le leadership politique et insuffisamment intégrées dans le champ économique , subissent encore les violences liées au genre et les inégalités d’opportunités et de rémunération dans le cadre de la vie professionnelle. Cette situation porte un préjudice considérable non seulement aux droits humains d’une grande partie de la population mais au développement de la société entière. D’où la nécessité d’un développement inclusif , intégrant et équitable qui, - en tenant compte systématiquement des besoins, des spécificités et des contributions aussi bien des femmes que des hommes , des filles que des garçons - est susceptible d’aider à atteindre les objectifs du millénaire . Dans ce cadre, la réforme du code de la famille, en janvier 2004, marque un tournant décisif sur le chemin du développement du Maroc et traduit une volonté politique affichée au plus haut niveau de l’Etat en faveur d’une relation de genre équilibrée où les femmes peuvent espérer ne plus être marginalisées.


Table de matières


  I-/ Définition du concept de genre

  I-1/ . Sexe biologique /sexe social

  I-2./ Origine des différences et inégalités entre les hommes et les femmes

  Culture : tradition et religion
  Education / socialisation

  II-/ QUE VEUT DIRE L’INTEGRATION DE L’APPROCHE GENRE DANS LES POLITIQUES DE DEVELOPPEMENT

  II- 1- Analyse selon le genre menée avant le début du projet
  II-2-Consultation des femmes

  II-3 /Comment faire pour intégrer le genre dans une intervention déjà en cours

  II-4/Le genre à l’intérieur des institutions

  II-5/Suivre et évaluer sous l’aspect genre :

  II-6 /Quels sont les obstacles à l’intégration de genre ?

  III-/Le genre et la participation : un apprentissage partagé :

  III-1/L’intégration du genre et de la participation dans les projets et les programmes :
  III-2/Le Genre et la Participation dans le contexte des politiques de développement :

a- Le genre participatif
b - A quoi sert la connaissance des rapports de genre dans la population ciblée par une intervention ?
  IV - / Condition et situation

  V-/ Besoins pratiques et intérêts stratégiques

  VI-/ Cas du Maroc ;



Bibliographie


  Reflexions, Experiences », OXFAM Working Paper, Oxfam, Oxford, 2000, 60 pages.
  Elisabeth Hofmann, K.Marius-Gnanou, L’intégration de la dimension genre dans une intervention de développement : mythe ou réalité ?1 journée d’études « Genre, inégalités et territoires » du 24 mai 2002,Regards, Maison des Suds, Bordeaux
  l’aspect « genre » dans les évaluations de projet", Communication pour la Chaire Quetelet 2000,
  JACQUET I. (1995), Développement au masculin, féminin - le genre, outils d’un nouveau concept,
  LENOUVEL E. (2002), « l’intégration du genre dans les stratégies du développement » communication aux journées d’études genre, inégalités et territoires co-organisée par K.Marius- Gnanou, H.Guétat, I.Droy, Maison des Suds, Bordeaux, 24 mai 2002



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lolita 2010


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MessagePosté le: Ven 5 Mar - 00:12 (2010)    Sujet du message: L’INTEGRATION DE L’APPROCHE GENRE DANS LES POLITIQUES DE DEV Répondre en citant
oooooooh Shocked c trop long mais merci bcp pr l effort Okay Okay Okay
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mais il n est jamais trop tard pr bien faire


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:16 (2016)    Sujet du message: L’INTEGRATION DE L’APPROCHE GENRE DANS LES POLITIQUES DE DEV
Aujourd’hui à 00:16 (2016)
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