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 ECOLE NATIONALE D'ADMINISTRATION 
Les nouveaux d défis de l’administration

 
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hichobi


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MessagePosté le: Lun 8 Fév - 23:35 (2010)    Sujet du message: Les nouveaux d défis de l’administration Répondre en citant
21/05/2003010:35 
Les nouveaux d défis de l’administration 
Dans le contexte nord africain 
(Cas du Maroc) 
Pr Abdelouahed OURZIK 
S O M M A I R E 
Introduction 
I- Les Défis Politiques 4 
a) mettre en place des institutions démocratiques stables 4 
b) Adapter les missions et les structures de l’Administration au 
nouveau rôle de l’Etat 5
II- Les Défis Economiques : qualité, productivité, compétitivité 6 
 
a) Faire face aux grandes mutations 6 
b) Maîtriser les incidences de la mondialisation 
et de la libéralisation économiques 8 
c) Favoriser l’amélioration des performances 
de l’économie nationale 
III- Les Défis Sociaux : Solidarité sociale, Citoyenneté, Responsabilité 
a) Innover en matière de solidarité 9 
b) Préserver et rénover la Fonction sociale des services publics 11 
c) Veiller à la protection des droits et libertés des citoyens 12
d) Rendre compte de la gestion et évaluer les performances 13
IV- Les Défis technologiques : perfectionnement professionnel, 14 
maîtrise des nouvelles techniques, innovation 
V- Les Défis culturels et Ethiques 15 
Conclusion 17 
 
 
Introduction : 
L’Administration Marocaine s’est lancée au cours des 
dernières décennies dans un vaste programme d’ajustement 
structurel ayant pour objectif le rétablissement de la stabilité du 
cadre macro-économique. Cette stabilité s’est accompagnée par 
une accentuation du caractère libéral de l’économie et son 
ouverture active sur l’extérieur puis par un désengagement de 
l’administration au profit des opérateurs privés. 
Sur le plan politique et social, des évolutions importantes 
ont également été observées, qui se matérialisent par 
la dynamisation de la vie politique et sociale, une participation 
accrue des populations à la gestion des affaires publiques et une 
volonté plus marquée de promouvoir la participation des femmes 
à la vie publique. 
Avec la mondialisation de l’économie et l’ouverture à la 
concurrence internationale, les ressources humaines, qui depuis 
longtemps étaient considérées comme un coût devant être 
assumé par l’Administration, sont aujourd’hui perçues comme un 
véritable investissement qu’il faut constamment valoriser afin que 
la collectivité puisse en tirer le meilleur parti. 
La conviction est de plus en plus partagée que les efforts 
de modernisation ne peuvent aboutir que dans la mesure où l’on 
dispose d’une administration adaptée aux nouvelles exigences du 
développement économique et social. 
Durant la dernière décennie, l’administration marocaine à 
initié de nombreuses réformes et des actions de modernisation 
dans le but de faire face aux nouveaux défis. 
Pour accompagner les réformes politiques et 
institutionnelles entreprises tant au niveau national qu’à 
l’échelon des Collectivités Locales, les administrations sont 
appelées à fournir des services à des populations qui sont plus 
exigeantes et de plus en plus informées de leurs droits et 
obligations. Le développement des libertés publiques, la 
dynamique de la vie politique et associative sont autant de 
facteurs qui militent en faveur du renouveau de l’administration. 
Les orientations économiques qui s’inscrivent désormais 
dans le cadre de l’ouverture et du libre-échange impliquent 
l’élaboration d’autres modes d’intervention de l’Etat dans la vie 
économique et une approche plus dynamique en matière de 
soutien aux entreprises et à l’investissement privé. Dans ces 
nombreux domaines, le rôle et les missions de l’administration 
restent encore à définir. 
Les administrations publiques doivent également faire 
face à la question de la contribution qu’elles doivent apporter 
pour régler les problèmes sociaux dans des domaines tels que 
l’emploi, la santé, l’éducation, le logement et les loisirs. Dans tous 
ces domaines, il leur est demandé de faire preuve d’innovation, 
d’améliorer la qualité de leurs services et de développer leurs 
capacités de gestion afin de mieux répondre aux aspirations des 
populations. 
Les conclusions et recommandations faites lors des 
nombreuses conférences et rencontres au cours des dernières 
années montrent l’intérêt croissant que l’Etat accorde au 
développement d’une fonction publique moderne,viable, moins 
coûteuse et disposant de ressources humaines qualifiées. 
Ce que l’on attend de l’Administration, c’est qu’elle soit 
une institution dynamique et souple, crédible aux yeux des 
investisseurs, à l’écoute des besoins des populations et de leurs 
élus, qui apporte un soutien à l’élaboration des politiques 
gouvernementales. Les actions à mener dans ce sens doivent 
découler d’une compréhension claire des nouveaux défis auxquels 
les l’Etat doit faire face. 
I- Les défis Politiques : 
a) mettre en place des institutions démocratiques
stables. 
La réforme de l’administration est étroitement liée à la 
réforme de l’Etat : des initiations politiques stables qui sont le 
gage de la continuité et de la performance des réformes ; des 
gouvernements forts ayant une visions homogène ; un climat 
 
démocratique favorisant le débat et la libre expression des idées 
et des opinions. 
Pour faire face à ces défis, les institutions politiques 
du Maroc ont connu une véritable mutation. 
􀂪 L’organisation d’élections démocratiques
transparentes et le renforcement des pouvoirs du Parlement en 
matière de contrôle de l’action gouvernementale, 
 
􀂪 La désignation d’un gouvernement représentatif de
la majorité parlementaire, 
 
􀂪 La création d’un Comité Consultatif des droits de
l’homme à vocation nationale doté de larges pouvoirs 
d’investigation où siègent les représentants de tous les partis 
politiques et des ONG, 
 
􀂪 Réforme des codes des libertés publiques. 
􀂪 La suppression du monopole de l’Etat sur l’espace
audio-visuel (Radio – Télévision) et l’adoption d’un statut qui 
garantit la liberté de la presse, 
 
􀂪 Institution du médiateur « Wali Al-Madalim » :
autorité indépendante du gouvernement chargé d’instruire les 
doléances des citoyens et d’améliorer les rapports administrations 
avec ses usagers. 
 
b) Adapter les missions et les structures de 
l’administration au nouveau rôle de l’Etat 
Le rôle de l’Etat a été façonné par une tendance 
aujourd’hui universelle, celle d’un Etat qui aide à faire au lieu de 
faire, qui réglemente au lieu de gérer. 
Véritable chef d’orchestre des activités économiques et 
sociales, il est appelé à stimuler l’initiative privée sans l’étouffer ni 
la restreindre. Un Etat à la fois modeste et ambitieux, car la 
population attend encore beaucoup de lui : il doit notamment, 
tout en veillant au maintien des équilibres globaux, protéger 
l’environnement, aménager le territoire de façon convenable, 
mettre en place des infrastructures nouvelles et offrir des services 
de santé et d’éducation. 
Ces nouvelles exigences appellent un nouveau genre 
d’administration publique et de nouvelles modalités de 
fonctionnement. Désormais, la qualité des services offerts par les 
administrations publiques et leur efficacité sont une composante 
essentielle de l’environnement des affaires et des entreprises. La 
force de l’entreprise marocaine et la mesure dans laquelle sa 
performance sera égale à celle de ses concurrentes étrangères 
dépendront des capacités de gestion des administrations 
publiques et de leurs performances : respect des délais, capacité 
d’anticipation et de réaction, capacité de répondre aux besoins 
des clients, capacité d’intervenir rapidement, etc. 
Pour répondre à ces exigences, l’administration 
Marocaine doit être conçue sur un modèle qui repose sur une 
vision de long terme, un souci extrême de la qualité, une vive 
attention prêtée aux résultats, la souplesse face au changement 
et un fort attachement aux valeurs fondamentales de la fonction 
publique. 
La décentralisation et la déconcentration, dont le 
renforcement est indispensable à une administration efficace, 
constituent également un autre aspect des changements 
fondamentaux auxquels doivent s’adapter la fonction publique 
dans les années à venir. Le rôle de l’administration d’Etat est 
d’accompagner ce processus de façon harmonieuse, sans 
chevauchements ni double emplois entre elle et les collectivités 
locales. 
Au niveau local, les citoyens veulent des services plus 
accessibles et mieux adaptés à leurs besoins et leurs réalités, Ils 
perçoivent le très grand cloisonnement des services et la 
centralisation toujours marquée de l’Etat comme une contrainte 
majeure préjudiciable aux initiatives locales. 
La nécessité de rapprocher davantage l’administration 
publique des citoyens appelle des transformations dans le 
fonctionnement de l’appareil administratif. Cela passe en premier 
lieu par une intégration et une rationalisation des services au 
niveau local en vue de raccourcir les délais dans la prestation des 
services, une répartition équitable des ressources sur le territoire 
national et une participation plus active des citoyens à la prise 
des décisions qui les touchent dans leur vie quotidienne. 
Chaque organisme, direction ou service relevant de 
l’administration publique devrait faire l’objet d’un 
questionnement systématique pour juger de sa pertinence. Des 
scénarios de regroupement, de suppression ou de création 
d’unités administratives devraient être élaborés à la lumière d’un 
audit à l’échelle du système dont l’objectif serait de vérifier dans 
quelle mesure un organisme donné répond toujours aux besoins 
des citoyens, s’il fait double emploi avec une autre entité, si ses 
fonctions doivent être assurées au niveau central ou local ou être 
confiées au secteur privé, etc. 
II- Les défis économiques : qualités, productivité, 
compétitivité 
a) Faire face aux grandes mutations 
Le Maroc comme tous les pays du Continent devrait faire 
face aux effets de la mondialisation qui se traduit par l’ouverture 
des frontières et le démantèlement tarifaire. L’ouverture 
économique impose des impératifs de compétitivité. L’économie 
nationale devrait s’adapter aux exigences d’un contexte dont le 
mot d’ordre est l’optimisation. 
Les accords de Marrakech, signés en 1994 qui ont donné 
naissance à l’Organisation Mondiale du Commerce (l’OMC), et 
auxquels le Maroc a adhéré, ainsi que l’accord d’association avec 
l’Union Européenne interpelle l’administration marocaine. Celleci 
doit être un moyen pour promouvoir l’acte d’investir et cultiver 
l’esprit de l’entreprise citoyenne. Une mise à niveau non 
seulement de l’économie mais de toutes les composantes de la 
société s’imposent. L’administration doit être au coeur de cette 
mise à niveau. 
L’administration est appelée à agir sur plusieurs fronts à 
la fois : face aux contraintes financières croissantes et au fardeau 
de la dette publique, il lui incombe de faire plus avec moins de 
ressources. Dans un environnement économique où désormais le 
changement est devenu la règle et la stabilité l’exception, il lui est 
également demandé d’adapter ses missions et ses structures au 
nouveau rôle de l’Etat, de maîtriser les incidences de la 
libéralisation et de la mondialisation de l’économie et de 
contribuer à l’amélioration de la performance de l’économie 
nationale. 
Dans ce domaine, quatre tendances ont été observées au 
cours des 10 dernières années : 
1) Le transfert progressif de certaines missions de service 
public au secteur privé à travers la politique de concession et de 
délégation. Cette politique a concerné la plupart des grandes 
villes dans des secteurs comme le transport collectif urbain, la 
distribution de l’eau et de l’électricité, la production de l’énergie, 
la collecte et le traitement des déchets solides etc… 
2) La création de nouvelles agences gouvernementales de 
développement jouissant d’une grande autonomie dans les 
domaines réservés auparavant aux administrations centrales de 
l’Etat. C’est le cas notamment de l’Agence du développement des 
provinces du Nord et l’Agence du développement des provinces du 
Sud qui disposent de larges prérogatives et peuvent intervenir 
directement ou indirectement dans la réalisation de projets 
d’infrastructures en partenariat avec les ministères et les 
collectivités locales ; 
3) La création de Centres Régionaux d’Investissement 
sous forme de guichets uniques dans le but de développer 
l’investissement et de faciliter les démarches administratives aux 
entreprises nationales et étrangères ; 
4) La décentralisation au profit des Assemblées 
Régionales et des collectivités locales d’importantes missions 
dans le secteur économique, culturel et social avec une nouvelle 
approche en matière de gouvernance locale qui fait une large 
place au concept de partenariat. 
b) Maîtriser les incidences de la mondialisation et de 
la libéralisation économique 
Malgré les crises économiques récentes subies par 
certains pays, la libéralisation des économies nationales et les 
politiques d’ouverture paraissent toujours être les tendances 
principales en fonction desquelles s’opère la restructuration des 
administrations et la redéfinition de leurs missions. Les 
administrations sont aujourd’hui parfaitement conscientes que le 
changements est une nécessité. Les changements prévisibles les 
plus significatifs portent sur les points suivants : 
􀂃 Disparition progressive de certaines fonctions
administratives de contrôle et de suivi ainsi que de tâches 
devenues superflues suite à la déréglementation de certains 
secteurs ou au transferts d’activités du secteur public au secteur 
privé. Parmi les nouvelles missions de l’Etat se profilent d’abord 
celles qui découlent de sa fonction de régulation ; 
 
􀂃 Apparition de nouvelles fonctions et responsabilités qui
diffèrent des pratiques traditionnelles des administrations 
publiques, découlant de l’introduction des nouvelles techniques 
de communication et de l’essor de secteurs d’activités où la 
gestion et la maîtrise du savoir sont désormais les principales 
sources de richesse des nations. 
 
c) Favoriser l’amélioration des performances de 
l’économie nationale 
Améliorer les performances de l’économie, cela veut dire 
procurer aux entreprises nationales les moyens de croître en leur 
offrant l’appui financier, le conseil et l’information sur les 
opportunités d’affaires sur le plan national, local et international. 
Pour cela, l’Administration publique est appelée à 
repenser ses infrastructures organisationnelles d’encadrement 
des entreprises, selon une approche stratégique , avec un accent 
particulier sur le développement de nouveaux modes des 
prestations de services, l’investissement dans les réseaux 
d’entreprises, l’établissement de nouveaux rapports de confiance 
et de progrès ente les Petites et Moyennes Entreprises (PME) et 
les institutions bancaires et financières et une définition plus 
précise de ce que doit être la valeur ajoutée des administrations 
publiques dans l’aide qu’elle apportent aux entreprises. 
Pour améliorer la performance de l’économie nationale, il 
sera demandé à la fonction publique, plus que par le passé, de 
créer un environnement de marché favorable à l’investissement et 
de faire de « l’intelligence économique » au service de 
l’entreprenariat le point fort de leurs politiques. 
Dans un contexte de libéralisation économique et de 
concurrence entre les nations pour attirer l’investissement 
étranger, l’administration publique marocaine ainsi que ses élites 
dirigeantes devront désormais faire preuve de professionnalisme 
et d’initiative avec les approches différentes de celles du passé. 
Dans cette perspective, le Maroc a déjà engagé des actions 
d’envergure telles que la refonte du droit des affaires, 
l’organisation des marchés financiers, la réglementation de la 
concurrence et des prix, la législation du travail ainsi que 
nombreuses mesures visant à consolider l’Etat de droit. 
Ces réformes posent en des termes nouveaux le rôle qui 
incombe aux administrations. Celles-ci demeurent en fin de 
compte les premières garantes de la mise en oeuvre de 
l’impressionnant édifice législatif et réglementaire que l’Etat a mis 
en place. 
III- Les Défis Sociaux : Solidarité Sociale, Citoyenneté, 
Responsabilité 
a) Innover en matière de solidarité 
Le Maroc, comme de nombreux pays du Continent doit 
relever de nombreux défis sociaux parmi lesquels la lutte conte la 
pauvreté constitue la grande priorité. 
Depuis, l’indépendance du pays, plusieurs approches ont 
été expérimentées, mais avec des résultats mitigés. 
De quelle façon l’administration devrait – elle aborder la 
lutte contre la pauvreté et veiller aux mécanismes de solidarité 
sociale, quels rôles doivent jouer les opérateurs publics et 
comment doivent-ils s’organiser pour faire face aux défis sociaux ? 
Telles sont les questions posées dans le cadre du débat actuel sur 
la redéfinition du rôle de l’Etat. 
Au cours de dix dernières années, le Maroc a mis en place 
des solutions originales qui méritent d’être partagées avec les 
Etats du Continent : 
10 
- L’affectation des recettes de la privatisation à un 
Fonds pour financer les programmes de lutte contre 
la pauvreté, 
- La création d’une Agence pour le développement 
social chargée de concevoir et de mettre en oeuvre 
des programmes de développement visant la lutte 
contre la pauvreté, 
- La mise en place d’un cadre juridique pour 
l’Assurance maladie obligatoire, 
- La création du Fonds Mohamed V pour la solidarité, 
- Le renforcement et l’appui au développement des 
ONG qui interviennent dans le domaine de la lutte 
contre la pauvreté. 
L’expérience marocaine, montre qu’après de nombreuses 
années d’hésitation où l’administration de l’Etat jouait un rôle 
exclusif en matière d’appui opérationnel à la solidarité sociale, la 
tendance actuelle vise à confier cette mission à de nouveaux 
acteurs, avec une place prépondérante aux ONG dans le cadre du 
partenariat avec les Agences gouvernementales et les collectivités 
locales. Il s’agit là d’une approche audacieuse. Cependant, elle 
doit être accompagnée d’une définition précise des responsabilités 
de l’Etat. 
En effet, l’essor de la société civile et des ONG ne peut 
dans une période de crise à lui seul servir de solution ou de 
prétexte pour le désengagement de la Fonction Publique. 
b) Préserver et rénover la fonction sociale des services 
publics 
Les politiques de libéralisation et de désengagement de 
l’Etat sont de plus en plus perçues comme un moyen de redonner 
aux individus et aux entreprises une capacité d’initiative nouvelle. 
Cette approche qui fait une large place aux mécanismes de 
l’économie de marché aura probablement tendance à s’appliquer 
à la plupart des services publics jusqu’ici contrôlés par l’Etat et 
ses différentes institutions dérivées (Collectivités locales et 
Etablissements publics). 
11 
De nombreuses Administrations ont engagé de vastes 
programmes visant à introduire de nouveaux modes de gestion de 
leurs services publics. Les actions entreprises ou en cours visent 
à transférer la gestion de certaines activités au secteur privé. Les 
modalités de ce transfert sont nombreuses et variées : 
concessions, gestion déléguée, sous-traitance, suppression des 
monopoles publics, etc. 
L’extension de ces nouveaux modes de gestion de 
l’administration publique offre de nombreux avantages : d’une 
part, elle permet de soulager les budgets gouvernementaux et 
offre des possibilités intéressantes pour le financement privé des 
infrastructures publiques, de l’autre, elle favorise des prestations 
de meilleure qualité et à moindre coût pour la collectivité. Ces 
nouvelles modalités de gestion nécessitent non seulement la 
déréglementation des secteurs d’activité concernés, mais aussi la 
libération des prix et une plus grande flexibilité dans la 
tarification des services fournis aux usagers. En l’absence d’une 
vision globale et intégrée, la déréglementation excessive et 
démesurée des services publics peut engendrer des problèmes 
sociaux et exclure de la société les segments les plus vulnérables 
de la population. 
A ce propos, les problèmes critiques auxquels 
l’administration marocaine fera face à l’avenir seront la nécessité 
de préserver les services publics, la vocation de solidarité qu’ils 
ont toujours voulu incarner, en particulier dans les domaines de 
la santé, de l’éducation et de la fourniture des services de base 
dans les zones rurales notamment l’approvisionnement en eau 
potable et en électricité. 
Cela exige une administration capable d’assurer le 
maintien des équilibres et de la cohésion sociale et qui, sans 
remplacer les acteurs économiques et sociaux, garantie une 
distribution équitable des ressources entre les groupes sociaux 
les plus pauvres afin d’instaurer une société juste et mieux 
intégrée. 
C’est à juste titre qu’on parle aujourd’hui d’un passage de 
l’économie de marché à une « économie de solidarité ». 
12 
c) Veiller à la protection des droits et libertés des 
citoyens 
La protection des droits du citoyen dans ses rapports 
avec l’administration est une action de longue haleine dont le 
rythme et l’aboutissement dépendent surtout des traditions 
politico - administratives de chaque pays. Passer du stade de 
simple administré pour accéder au rang de citoyen dépositaire de 
nouveaux droits est un véritable saut qualificatif qui appelle un 
changement en profondeur des mentalités, tant du côté des 
fonctionnaires que des citoyens usagers eux-mêmes. Les uns 
doivent s’interdire de se réfugier dans les comportements 
régaliens, les seconds doivent sortir de leur attitude passive pour 
devenir des partenaires à part entière. 
Cette transformation dans les rapports entre 
l’administration et le citoyen est à elle seule un défi majeur pour 
l’administration marocaine dans la mesure où elle dépend de leur 
capacité de promouvoir dans leur quotidien les valeurs éthiques, 
l’équité et le respect de la légalité. 
Sur un autre plan, la déréglementation des activités 
économiques, la liberté d’initiative donnée aux entreprises ainsi 
que l’ouverture sur l’économie mondiale, comptent de nombreux 
avantages mais comportent également de nombreux risques si les 
pouvoirs publics ne se donnent pas les moyens suffisants pour 
protéger la sécurité et la santé des citoyens. 
L’administration doit se préparer à résoudre les 
problèmes administratifs complexes qui sont la conséquences des 
évolutions récentes, telles que la libre circulation des biens et 
services, la complexité croissante des transactions commerciales, 
la mondialisation des marchés financiers et la « délocalisation » 
rapide des activités industrielles et des services. En la matière, 
au-delà des mesures d’ordre législatif et réglementaire qu’il 
importe de prendre pour moderniser et mettre à jour, la 
contribution de l’administration publique doit être pensée en 
termes de fourniture de conseils et d’appui aux organisations de 
la société civile qui engagent des actions visant à sauvegarder et à 
préserver les droits des entreprises et des citoyens. 
13 
Dans ce contexte, le Maroc aura besoin d’une fonction 
publique professionnelle au fait des progrès techniques, capables 
de conseiller les citoyens et de les informer sur leurs droits et 
leurs obligations. 
A la faveur des initiatives prises dans de nombreux pays à 
travers le monde, l’Administration sera appelée à élaborer de 
véritables chartes du citoyen qui définissent, à la lumière des 
changements que connaît notre pays, la nature des relations que 
doivent entretenir les administrations avec leurs usagers. 
d) Rendre compte de la gestion et évaluer les 
performances 
Les expériences ont partout démontré que les 
organisations qui font des progrès sont celles qui ont su, sans 
complexe, intégrer en leur sein des systèmes de contrôle de 
gestion et d’évaluation des performances. Dans l’administration 
de demain, les usagers ne sauront plus se satisfaire d’entendre 
parler de politiques, de plans et d’actions. Ils voudront être 
régulièrement renseignés sur les résultats. A leur tour, les 
fonctionnaires et les autres agents de l’Etat qui veulent mettre à 
contribution leur compétence et leur énergie dans le travail 
estiment que leur engagement à atteindre les objectifs n’a de sens 
que si leur action est valorisée et les résultats de leurs efforts 
équitablement évalués et appréciés. 
Tenir les gestionnaires et les chefs d’administration 
comptables des résultats de leur gestion et considérer qu’ils 
doivent informer le public de leurs réussites comme de leurs 
échecs sera demain non seulement un moyen de réhabiliter 
l’administration aux yeux des citoyens mais aussi le procédé qui 
assurera sa survie et sa capacité d’adaptation. 
IV- Les défis technologiques : perfectionnement 
professionnel, maîtrises des nouvelles techniques, 
innovation 
Les tendances à travers le monde montrent que dans 
le prochain millénaire, l’intelligence et le savoir seront la 
principale source de richesse économique des personnes, des 
entreprises et des sociétés. C’est pourquoi il est important que 
14 
l’Administration Marocaine tire le meilleur parti possible des 
nouvelles technologies de l’information et de leurs applications 
dans les domaines de l’administration et des services fournis aux 
entreprises et aux citoyens. La maîtrise des novelles technologies 
passe nécessairement par une actualisation des compétences au 
niveau national et la formation des ressources humaines dans la 
fonction publique. 
Tirer parti des nouvelles technologies de l’information 
et promouvoir l’innovation. 
La délocalisation et la dématérialisation sont les 
signes précurseurs de la nouvelle économie du savoir. C’est 
pourquoi il devient essentiel que les administrations maîtrisent et 
s’approprient les nouvelles technologies de l’information. Dans 
ses plans de modernisation, l’administration marocaine doit 
s’intéresser davantage aux personnes détentrices du savoir, 
redéfinir leur rôle et leur statut au sein des organisations 
appelées à fonctionner en réseau plutôt que de façon marginale, 
de façon à favoriser l’échange d’information. Dans ce domaine, les 
administrations publiques, les universités, les centres de 
recherche et les entreprises doivent travailler de concert et 
concevoir une vision stratégique pour tirer partie des mutations 
qui s’annoncent. Dans le contexte de la mondialisation, cette 
démarche est incontournable pour favoriser la compétitivité des 
économies nationales. Pour cela, la fonction publique doit être en 
mesure de faire face à de nombreuses contraintes, notamment le 
rythme rapide des progrès technologiques et les coûts élevés de 
l’acquisition et du renouvellement fréquents des équipements. 
Valoriser et mettre à niveau le potentiel humain des 
administrations. 
Dans toute réforme visant à améliorer la qualité du 
service et la performance, il est évident que l’homme et sa 
formation doivent être au centre des préoccupations. Pour 
aboutir, les programmes de modernisation doivent donc 
privilégier la compétence et le mérite et comprendre des activités 
de formation continue. Formation visant à préparer la relève pour 
les années à venir. Les jeunes générations de cadres ainsi que les 
usagers et les partenaires de l’administration reprochent à celle-ci 
son manque de rigueur dans le choix des hommes, le favoritisme 
15 
et le clientélisme ainsi que l’absence de transparence dans les 
procédures de promotion et d’affectation aux postes de 
responsabilités. 
Les critiques formulées tant par les administrations 
elles-mêmes que par leurs agents ou leurs usagers sont au coeur 
du problème de la gestion des ressources humaines. Elles 
appellent une réforme en profondeur des méthodes et des 
pratiques en vigueur dans les administrations. 
L’équité en matière de rémunération est également 
une question majeure pour la réforme de l’administration. Dans 
de nombreuses administrations, un écart considérable existe 
entre les traitements versés aux fonctionnaires. 
Préparer la relève. 
Les changements que connaîtront les administrations 
dans les services offerts à la population et dans leur organisation 
et leur fonctionnement, exigent que les membres de leur 
personnel aient de nouvelles compétences et que les 
connaissances nécessaires à l’exercice de leur profession soient 
actualisées régulièrement. Pour cela, la formation continue revêt 
plus que jamais une importance stratégique. En effet, dans 
l’administration de demain, la formation continue, parce qu’elle 
est l’instrument de mise en valeur des ressources humaines, sera 
érigée en « véritable droit » dotée d’un statut qui lui est propre 
précisant les droits et les obligations connexes des fonctionnaires 
et des administrations en matières de formation. 
Ouverte à l’ensemble du personnel, la formation 
continue prendra différentes formes et sera inscrite parmi les 
conditions statutaires préalables à la promotion du fonctionnaire. 
Sur un autre plan, il sera exigé des établissements de formation 
des fonctionnaires de redéfinir et d’adapter leurs rôles et leurs 
missions aux attentes des administrations et de leurs missions 
aux attentes des administrations et de leurs usagers en matière 
de formation continue et de perfectionnement aux fins du 
renforcement de leur compétitivité au plan international. 
16 
V- Les défis culturels et Ethiques 
De par sa position géographique et de son histoire le 
Maroc est un carrefour de civilisations. Il constitue un trait 
d’union entre deux continents, plusieurs cultures, l’Europe, 
l’Afrique et le monde arabo-musulman. Par ailleurs il se 
caractérise par une diversité ethnique où population arabe et 
afro-berbère vivent en harmonie depuis des siècles. 
Face au changement que connaît le monde, le Maroc doit 
préserver sa culture, son patrimoine, son histoire et son identité, 
sans pour autant rater la modernité. 
Là aussi, des initiatives importantes ont été prises. 
En 2002 un « Institut Royal pour la culture Amazigh » a 
été créé dans le but de développer et de préserver la culture et la 
patrimoine de la culture berbère. Cet Institut est chargé 
d’introduire la langue berbère dans l’enseignement. 
Parallèlement, une Académie pour la langue arabe a été 
créée « Académie Mohamed V». Elle a pour mission de 
sauvegarder le patrimoine de la langue arabe et de veiller à son 
ouverture sur la modernité et les changements rapides que 
connaît le monde. 
Par ailleurs, une charte nationale de l’éducation a été 
adoptée par une commission regroupant l’ensemble des forces 
politiques, des ONG et des représentants du monde des affaires. 
Elle prévoit la déconcentration de l’administration éducative et 
une plus grande autonomie des Université. Le système éducatif 
fait l’objet d’une réforme profonde. Les générations futures 
doivent avoir une éducation à même de leur ouvrir les portes de 
la modernité, mais surtout de leur préserver les éléments de leur 
identités. 
Conclusion :
Les grands changements qui se profilent pour les 
années à venir invitent les pouvoirs publics à engager des 
réformes d’envergure qui appellent souvent des décisions difficiles 
 
17 
à prendre face aux nombreuses résistances et aux pratiques 
archaïques du passé. Dans ce processus de changement, il 
importe de prendre en compte les éléments suivants : 
* Développer une politique durable de partenariat 
avec les ONG tout en évitant les déviations et les 
manipulations dont elles peuvent faire l’objet ; 
* Accorder un intérêt particulier aux choix des 
bonnes outils de communication autour des 
actions de modernisation pour mieux faire 
impliquer les fonctionnaires et les usagers du 
service public; 
* Bien définir le rôle de la Haute Fonction Publique 
et ses rapports avec la politique, avec une politique 
transparente pour la gestion des carrières des 
hauts fonctionnaires et un Code de bonne conduite 
qui définit leurs droits et obligations; 
* Adopter une politique volontariste de promotion 
du rôle des femmes dans les postes de 
responsabilité; 
*Africaniser les concepts de modernisation afin de 
les faire approprier par la culture locale et 
nationale des citoyens et des fonctionnaires ; 
*Echanger les expériences avec les pays du 
continent sur le mode de pilotage des réformes ; 
18

_________________
peace


Lun 8 Fév - 23:35 (2010)
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MessagePosté le: Lun 8 Fév - 23:35 (2010)    Sujet du message: Publicité
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lolita 2010


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MessagePosté le: Lun 8 Fév - 23:47 (2010)    Sujet du message: Les nouveaux d défis de l’administration Répondre en citant
merci infiniment a toi Okay
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mais il n est jamais trop tard pr bien faire


Lun 8 Fév - 23:47 (2010)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:19 (2016)    Sujet du message: Les nouveaux d défis de l’administration
Aujourd’hui à 22:19 (2016)
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